2006-02-22
J'aimerais exprimer mes sympathies à la famille et aux proches de mon ami nothing94, décédé le 21 février 2006. -jgb-2006-02-18
Le diamant est retombé à la mer et je ne peux plus rien y faire. Je pourrais l'observer se déposer sur les rochers. Je le verrais briller sous quelques formes déformées par la réfraction de l'eau. C'est par un chaud soleil d'été que se réchauffe cette eau. Elle est limpide, lucide, couverte de vagues calmées par ce doux vent estival. Il est inutile d'essayer de reprendre le diamant. Tous mes essais ont coupé mes mains profondément. Quelques gouttes de sang se sont déposées à ses côtés. Ce diamant est si beau et tant inacessible, tant inaccessible... Je ne peux que faire pousser mes ailes devant cette impossibilité. Les rayons lumineux les sécheront pour en faire resplendir leurs plumes blanches. Il sera bon de sentir la chaleur s'emparer de mon corps. Bientôt, je m'en irai voler au-dessus du lac, et m'occuperai de protéger ce qui jadis brûlait mes yeux. Ne voulant que du bien, je serai un ange gardien, si le diamant le veut bien.
2006-02-10
J'ai vu le bidon d'essence se verser sur ma tête. Personne ne le tenait, il se versait seul. Je sentais le liquide me brûler les yeux. C'était une douce brûlure qui allait certainement me modifier à jamais. Je ressentais des sueurs froides lorsque le liquide me coulait dans le dos. Il s'était étalé sur tout mon corps me laissant recouvert d'une matière étrangère qui semblait pourtant familière. C'était un liquide étonnant, enivrant. Il sentait si fort que je ne pouvais tout simplement pas me sauver et me laver. L'idée d'une flamme venait de surgir. J'étais à présent imprégné d'essence, prêt à m'enflammer par une simple étincelle.
Plusieurs mois plus tard, j'avais déniché un bout de métal pour me permettre de m'automutiler. Je le frottais violemment sur le sol espérant qu'une étincelle se produise. Je m'étais acharné durant plusieurs heures, plusieurs jours, plusieurs mois. Mes bras allaient peut-être finir par se rompre avec le temps, mais ce n'était pas de mon ressort. J'aurais peine à m'arrêter de violenter le sol. Après tout ce temps, j'étais encore une torche éteinte. J'étais l'incarnation de l'échec. La gazoline me faisait tourner la tête, me laissant croire que je pouvais encore me mettre en feu, me laissant croire que je pouvais vivre couvert d'essence pendant bien longtemps.
Puis, je ne sais comment, j'ai tout d'abord ressentit une immense chaleur s'emparer de mon pied. Il n'a pas pris de temps que des flammes sont montées sur tout mon corps, me transformant en torche humaine. J'étais couvert de feu, et pourtant tellement heureux. Je me promenais dans la ville, dans la campagne, dans la montagne, sans éteindre ce feu. Les passants se questionnaient sur mon état. Si seulement ils avaient vu ce que mes yeux ont vu. Ces flammes... Ces flammes si tendres qui brûlaient mon visage... Les couleurs dansaient sur mes iris. Je ne savais même pas quel type de danse cela pouvait être, mais c'était merveilleux. Peut-être que personne ne comprendra l'attrait de ce feu.
Mes yeux s'enflamment pour cette chaude flamme.
2006-02-06
Il est venu un temps où Olymel a fermé son usine de Princeville. C'était après de nombreuses rumeurs de peur. Remplie de bonté sans fin, la compagnie avait muté plusieurs de ses employés dans son usine de St-Simon. Pour ce faire, elle avait ouvert un quart de nuit. Son intention était d'augmenter la production à St-Simon. Un premier homme venait de se suicider.
Il est venu un temps où Olymel a fermé son quart de nuit à St-Simon. C'était après de nombreuses rumeurs de peur. Remplie de bonté sans fin, la compagnie avait muté plusieurs de ses employés dans son usine de Vallé-Jonction. Également, certains employés avaient été transférés sur le quart de jour à St-Simon. Le quart de nuit était censé rouvrir quelques mois plus tard. Remplie d'une bonté sans fin, la compagnie avait accompli ses paroles. Des voleurs de job se faisaient verbalement agresser.
Il est venu un temps où Olymel a eu de nouveaux plans pour son usine de Princeville. C'était après de nombreuses rumeurs de grands parleurs. Remplie de bonté sans fin, la compagnie avait rouvert son entreprise. Elle prévoyait de gros investissements. Pour ce faire, elle ferma son quart de nuit à St-Simon. Des employés de Vallé-Jonction et de St-Simon revinrent à Princeville. La compagnie avait usé d'insécurité d'emploi pour baisser les salaires de ses employés. Les rumeurs étaient bien près de la réalité.
Il est venu un temps où Olymel a eu de nouveaux plans pour son usine de St-Simon. Elle décida qu'elle la fermerait. Plusieurs employés allaient être renvoyés. La compagnie voulait à présent ouvrir un quart de nuit à Princeville. Se rappelant les précédents événements, on y voyait une certaine suite. Ferme l'usine, déporte, ouvre le quart de nuit, ferme le quart de nuit, déporte, ouvre le quart de nuit, ouvre l'usine, ferme le quart de nuit, déporte, ferme l'usine, ouvre le quart de nuit, déporte.
Il est venu un temps où les employés sont devenus grincheux et haineux. Un d'entre eux a inscrit sur Internet des menaces tangibles envers les employés de Princeville. La police enquête.
Conclusion : Olymel c'est des beaux sales
2006-02-05
Ce ne sont que des mots pour calmer mes pulsions. Ce sont des mots éternels, imprégnés de passion, remplis d'ambition. Je suis un esclave de l'exaltation. Redoublé d'activité, mon corps craint de ne pouvoir tout supporter. Mes bras vont-ils tomber ? Je n'ose espérer... Laissons entrer l'immortalité, elle finira bien par s'y habituer. Je suis habité d'une étrange mélancolie qui se perçoit par un interminable regard attendri. Je ne peux ressentir la furie, elle se transforme gracieusement en énergie. Qui sait combien de décennies cela va durer ? Et s'il était question d'une éternité ? Aurais-je un jour une once de réponse ? Une once d'une épouse ? Du moins un peu de clarté ?
2006-01-29
Je vois les oiseaux voler autour des arbres, tout en chantant quelques fresques éternelles. Toutefois, je ne comprends pas ce qu'ils tentent de me dire. Les formes d'onde atteignant mes oreilles n'ont aucune signification. Peut-être que leur langage n'est pas le même. Peut-être que je suis trop idiot pour comprendre. Je ne sais pas... Je me rappelle un certain jour, lorsqu'une mystérieuse demoiselle était venue à mes côtés. Elle me proposait d'écouter le flot musical sans tenter de le comprendre. Elle m'avait dit que je devais laisser aller les choses. C'était une énigmatique heuristique, provenant d'une énigmatique demoiselle, remplise d'une énigmatique véracité sans hypothèses.
La symphonie est tellement intense.
2006-01-22
Winchester à la main, je m'étais aventuré dans ce parc forestier. J'avais aperçu une cible si tangible, si sensible, que mon doigt tremblait sur la gachette. Une balle avait été lancée avec les yeux quelque peu fermés, comme s'ils avaient peur de s'immiscer dans la fumée. Cette balle avait fendu le vent avec tant de célérité qu'il était inconcevable de l'ignorer. C'était une petite balle bleutée, couverte d'empreintes, qui espérait tuer. Elle espérait voir le sang gicler. Elle voulait s'immortaliser dans un crâne en particulier. J'aurais peine à expliquer toutes les théories reliées à la ballistique. Je sais que les éléments s'efforcent de modifier la trajectoire désirée, au point où il devient illogique d'user de logique, mais je ne peux en dire plus. Après tout, peut-être qu'il est impossible de connaître la trajectoire d'une balle. On la lance un jour et on espère qu'elle suivra une certaine cohérence. On se rend alors compte qu'il est impossible de lui proposer une ligne directrice. Il faut avoir les yeux fermés, le souffle coupé, et l'intention de tout fracasser, pour être en mesure de tirer. Les lois de l'aléatoire n'ont même pas un mot à dire. Le destin n'a aucun lien. Essayer de contrôler les éléments se termine en échec. Essayer de comprendre les événements se termine en échec. La ballistique est une science indomptable. C'est une science à la porté de tous, mais peu de gens s'y attardent réellement. La ballistique est une science insurpassable. Suivant ma passion pour cette science, j'ai vu la balle s'enfoncer dans mon pied. Comment cela pouvait-il m'arriver ? La balle avait probablement ricochée... J'avais le visage couvert de douleur, me demandant pourquoi cette balle tentait de me tuer. Je regardais ma cible s'en aller, mon sang gicler et une larme était venue s'immortaliser.
Mon pied est blessé, qui voudra bien le soigner ?
2006-01-15
À l'article de la mort, il n'y a aucun mot de réconfort. Il s'en va donc avec un grand vide qui est pourtant presque plein, presque... C'est entre ces lignes que je trouve quelques parcelles de son dessaisissement. Il agonise un peu plus tous les jours, ne sachant plus si l'absolu impossible n'est qu'un vilain cauchemar. Il lui est impossible d'oublier. La persévérance va le tuer, assurément. Il n'a que quelques mots de déception qui pourraient si facilement se transformer en papillons. Encore une fois, il n'en revient toujours pas à quel point cela peut être hypnotisant, ahurissant. Presque étranglé, presque désossé, et pourtant tellement de volonté que je ne peux être affecté à la première personne du singulier. Je reste émerveillé de cette nonchalance. Non-belligérance? Il s'abstient d'offrir ses bras de peur de les perdre à jamais. Je suis mot et je ne vaux pas un mort. Je suis mot et je ne vaux pas un mort. Suis-je un homme mort ?
2005-12-18
Il y a un ange que je ne peux chasser de ma tête. Il vole de ses ailes déployées captant toute la richesse et la puissance du vent. Je ne sais hélas pas pourquoi, mais il tient toujours une paire de ciseaux. Je subis les conséquences d'une métaphore qui ne peut se substituer par analogie. Je ne suis que la victime de quelques doux passages tentant de combattre la torture. La ténacité de chacuns de ces états n'en demeure pas moins étonnante avec le temps. Qu'il en résulte la vie ou la mort, le schéma ne révèle que des yeux passionnés. Son silence me violente. Sa présence me violente. Je ne suis qu'un frêle personnage devant ses yeux.
Certains trésors ne sont pas en or.
2005-12-17
Altérant le temps, j'arrive au 215 murray à Montréal. Nous sommes le 17 et l'heure indique 20h00. Contrairement au show de Children of Bodom le 11 décembre dernier où j'étais armé de deux accolytes, je me présente cette fois seul. J'entre dans le vieux batîment et monte au deuxième étage en suivant un gars tenant une guitare... J'arrive au deuxième, paye, et m'en vais dans l'endroit où le spectable aura lieu. Il y a plus ou moins dix personnes et Picastro se pratique. Je me rends alors compte que le show dans lequel je viens de m'embarquer est très local. Je vais donc m'appuyer contre un mur pour écouter ce qui se prépare. Altérant le temps de nouveau, j'ai aperçu une fille qui tricottait. Tricottait ? Puis, j'ai vu une autre fille qui se promenait en pantoufles et qui était vêtue d'une robe de soie ressemblant beaucoup à une robe de chambre. Pantoufles ? "Un show local je disais ?". "Crissement local dis-je !". Il était également intéressant de regarder l'architecture du bâtiment qui était très délabrée, mais artistique. J'avais finalement compris que l'endroit servait également de demeure aux propriétaires. Il y avait un message sur la porte disant de bien fermer la porte pour éviter que le chat sorte. Il y avait la chambre d'un gars tout juste à côté du stage. Il semblait avoir d'autres chambres au troisième étage, mais je n'ai osé y pointer mon nez. J'observais donc le violoncelliste performer adroitement et bizarrement. Le show allait être bien intéressant... Peut-être vers 20h15, Picastro a arrêté de jouer. Ils ont serrés leurs instruments à l'exception du drum, ont pris leurs manteaux et sont partis. Puisqu'ils n'étaient pas les premiers à jouer, je ne m'étais aucunement questionné. Je m'étais assis par terre à côté de deux autres visiteurs et nous avions attendus. Nous avions attendus beaucoup trop longtemps... Des personnes arrivaient et montaient au troisième étage ou bien allaient discuter plus loin sur les divans. Il y avait peut-être 25 personnes à l'intérieur et sur ce nombre, seulement quatre d'entre nous ne semblaient pas des amis des bands ou des propriétaires. J'aimais bien l'ambiance décontractée mais je ne connaissais personne. J'étais venu avec l'idée de voir un show et de retourner chez nous en métro. Il était maintenant 21h00 et rien ne se passait. Nous étions quatre bozos qui attendaient près du stage sans que rien ne se produise, sans que la foule augmente. C'est alors que j'ai commencé à m'inquiéter pour le métro. Si le show commence entre 21h30 et 22h00, il va certainement terminer vers 1h30, à voir la lenteur de l'organisation. Je suis donc arrivé à la conclusion qu'il vallait mieux que je me fasse rembourser et que je partes immédiatement.
Note : 0.5/10 à cause du métro.
2005-12-08
Avertissement : Ce texte contient des histoires de festivités
Chapitre 1 : Les mots clés
Le party se passait au Time Supper Club, mardi passé. De ce que j'avais vu, c'était un endroit ultra-chic où il faut être beau, jeune et snob pour espérer y mettre les pieds. Toujours est-il que Discreet avait tout payé. Et lorsque je dis tout, je dis Bar Open sur la majorité des boissons. Pour avoir accès à cette soirée, il fallait avoir l'invitation imprimée sur un carton de la grosseur d'une demi-feuille, ou bien payer 40 $ à concurrence d'une personne par invité.
Chapitre 2 : Quel service !
Nous étions assis tranquilles lors du début des festivités. Peu de gens étaient arrivés à cette heure et le personnel s'ennuyait à mort. Il y avait d'ailleurs des personnes affectées au maintient de la propreté. Il y en avait un qui semblait vouloir montrer à son patron qu'il travaillait fort... Tu te lèves, il replace aussitôt ta chaise. On se lève, il replace aussitôt la nappe et les chaises. Il vient fouiller dans les cendriers pour les garder propre. Il a même pris le verre de Gin à François alors qu'il n'était même pas vide. Quel service ! Il a répartit ses cinq doigts tout autour du verre tout juste à l'endroit où l'on pose les lèvres. Il l'a prit dans ses mains en regardant qu'il ne restait pas de liquide. Oh ! Malheur ! Il en reste ! Haha, il a remit le verre sur la table ne sachant pas trop quoi dire et il est parti. François avait maintenant un beau verre de Gin couvert d'empreintes. Bravo !
Chapitre 3 : La fameuse banquette
La salle s'était peuplée et la musique était de plus en plus forte. J'avais deux bières dans le ventre et le Gin sur glace m'avait averti qu'il serait peut-être mieux que je reste à la bière. Comme si j'avais le choix... Quelqu'un est arrivé avec un plateau contenant quelque chose comme 30 ou 40 shooters remplis d'une boisson "random". Oh boy... Et les choses sont devenues pire durant une bonne partie de la soirée.
Chapitre 4 : Le commencement
Puis, il est venu le moment où les gens se sont mis à danser sur le haut des banquettes. Dommage que personne ne soit tombé ! Il y avait Henri qui était parti dans les mélanges. Il a dû tout essayer, à l'exception de la bière. Dry martini, Cosmopolitan, Gin sur glace, boisson "random", et autres... La musique était tellement rendu forte qu'il était quasi-impossible de se crier dans les oreilles.
Chapitre 5 : Mon départ
Ne voulant pas manquer le métro, je suis parti à temps pour le dernier allé. Allant plutôt croche, je me suis rendu au métro Bonnaventure sans dommages. Cependant, lors de mon transfert à Berri-Uqam, c'était une toute autre histoire. Un peu de vomi ici ! Oh, désolé ! J'avais la main appuyée sur le mur, et je vomissais sur un journal qui gisait tout juste à côté de la voie d'embarquement. Il ne me manquait qu'un veston et une cravate pour compléter mon apparence très "classe". Ne pouvant maintenant plus me résoudre à la simple vie d'un citoyen de classe moyenne, j'avais décidé de continuer mon épopée dans le métro. Oh, désolé, il y a un peu de vomi dans le métro ! Décidément, le party était déchaîné dans mon coin. Puis, je ne sais trop combien de temps plus tard, je suis sorti au métro Viau. Je ne sais d'ailleurs pas comment j'ai fait pour sortir au bon métro. Je suis sorti dehors et je ne sais plus si j'ai pris l'autobus ou bien si j'ai marché. Je ne sais pas comment j'ai ouvert la porte à mon arrivée. Toutefois, remplis d'une sagesse infinie, je me suis dit qu'il serait peut-être mieux que je m'apporte un contenant près de mon lit au cas où j'essairais encore de joindre la haute société. Hélas, en tant qu'étudiants qui se respectent, nous n'avons pas dans notre logement de contenants appelés "chaudière". De ce fait, j'ai eu l'idée de prendre une casserole... Que dire de Mathieu qui se fait réveiller au milieu de la nuit par des bruits de casseroles... J'imagine que plus rien ne peut le surprendre...
Chapitre 6 : Un mercredi chaud chaud chaud
Avec beaucoup de courage, je me suis levé à 8h30 le lendemain. Je mangeais mes céréales en me demandant si j'allais les vomir dans quelques minutes. J'étais dans le métro en me demandant si j'allais vomir mes céréales. J'étais au travail en me demandant pourquoi j'étais venu "travailler". Est-ce que je vais être malade ? Buvons un peu d'eau. Est-ce que je vais être malade ? Buvons un peu d'eau. Haaaa, tient donc, il y a une collant sur la pomme. Et je me suis appliqué à l'enlever pendant une éternité. Bon, travaillons. Est-ce que je vais être malade ?
Chapitre 7 : Henri, il est où Henri ?
Lorsque Pierre est arrivé, il m'a raconté ce qui s'était passé avec Henri après que je sois parti. Il avait continué à allonger sa liste de breuvages ingurgités et il était disparu par la suite. Finalement, quelqu'un l'avait retrouvé saoul mort couché sur le plancher de la salle de bain des filles. (Riez un peu ici). Il est retourné chez lui en taxi, pour se rendre compte qu'il n'avait même pas ses clefs. Pourtant, ses clefs étaient censées être dans son sac à dos... Bizarre... Oh ! Il n'avait pas son sac à dos ! (Riez un peu ici).
Chapitre 8 : Les résultats
Henri n'est pas rentré au travail mercredi et il se souvient de peu de choses. Phil C. est rentré au travail mercredi, mais aurait tellement dû resté couché.
Chapitre 9 : Conclusion
Et c'est ainsi que se passe Noël chez Discreet... Mais bon, on s'entend que ça ne bat pas la fois où l'on fumait au deuxième étage d'une grange abandonnée et que quelqu'un était venu tirer les pigeons avec sa 22 pendant qu'on était DANS la grange... Ou bien lorsque Marcoux (aka Merck Hooks) vomissait dans la poubelle d'une classe au secondaire, en même temps que la professeure donnait son cours... Ceci avant ma période straight edge...
Souriez, le destin est parfois bien drôle !
2005-12-04
J'étais au mont Stoneham à Québec, il y a environ 10 mois, sur des pistes d'une qualité intéressante. La soirée se déroulait parfaitement suite à quelques jumps sympathiques, puis quelques jumps fort sympathiques. La confiance avait finit par prendre le dessus sur la raison. "Et si j'essayais de nouveau ce fameux rodéo 540 frontside ?" Je pensais à cette phrase avec une certaine crainte. Je la disais presque à reculons, mais c'était une soirée parfaite pour me tuer de nouveau. La dernière fois que j'avais tenté ce saut périlleux, je m'étais littéralement planté sur le ventre. Je me voyais encore tourner trop lentement, pour finalement voir mon visage s'écraser dans la neige durcie. Ayant à mon actif plusieurs visages imprégnés dans la neige, j'éprouvais de la crainte à prononcer mes propres mots. J'avais beau avoir un casque, mais un cou ça peut toujours casser, surtout lorsque l'on tombe de haut. Un coccyx peut faire mal longtemps, très longtemps. Et puis les poignets ! J'ai eu mal combien de temps déjà l'hiver passé ? Ha, j'oubliais, je ressentais encore des douleurs lorsque je m'évadais en bike, presque 6 mois plus tard. J'avançais à reculons vers ce prochain massacre. J'étais dans le télésiège, à observer le jump tout juste en bas, à visualiser mon saut, à visualiser mon élan.
À trois reprises je me suis présenté devant le jump, sans avoir le cran de m'exécuter. Je n'étais tout simplement pas prêt. Je retournais dans le télésiège pour étudier l'environnement et mes mouvements. Peut-être que j'étais un peu trop froussard, mais d'un autre côté, j'avais déjà accumulé assez de blessures durant cet hiver. J'avais des protège-poignets sous mes mitaines pour éviter d'empirer mon cas. Il aurait été vraiment stupide de me casser un poignet par accumulation de coups. Soit rationnel, soit fou, mais je joue difficilement l'entre deux. J'avais eu cette idée et je ne pouvais plus m'en défaire. Abandonner une fois et l'on abandonne toute une vie. Voilà ce qui résulte d'un rejet singulier de folie. J'étais maintenant dans une position où je devais mourrir, et ce, par ma propre volonté.
Je suis donc retourné plutôt lentement au jump, tout en pensant à mon futur. Je m'y rendais via de larges virages quasi-inconscients, dans le seul et unique but de gagner quelques secondes additionnelles. Comme il peut être drôle parfois de me voir craindre mes propos. Il était bon de prendre de grandes respirations d'air frais. Il était stressant de ressentir les tremblements s'emparer de ma peau. Je me suis finalement présenté devant le jump avec l'impossibilité d'abandonner. C'était devenu une histoire personnelle, oubliant le fait que c'était une idée personnelle. Au diable les dilemmes, je ne m'offre qu'un seul bon choix.
À ce moment, je suis parti dessiner l'avenir. J'ai simulé mon élan en me rendant au jump, et rendu sur le bout du saut je me suis élancé. Je me suis penché sur le côté en me donnant un élan vers l'avant avec mes bras, et je me suis mit à tourner de côté. C'est à cet instant que j'ai redécouvert la gravité. On ne sais même plus à quelle hauteur on est parce qu'on ne sait même pas ce que l'on regarde. On voit du bleu, du blanc, un manteau, et quelques autres couleurs floues. Puis, on entend un gros "TTAAAAABBBBAAAARRRNNACCCC" provenant d'un des télésiège démontrant que certains en ont plein la vue pendant que moi, je n'y vois rien. Finalement, je fais volte-face sur le côté, pour me réaligner face à l'atterissage. Aussi étonnant que cela puisse être, mon snowboard touche le sol en vitesse, sans que mon visage n'ait le temps d'aller visiter la neige. Et c'est à ce moment que l'on gagne une nouvelle vie. Après avoir ressenti la mort dans les jambes, on sent la vie s'injecter dans tous nos membres. Quel moment d'exhaltation ! De nouvelles limites défoncées, une nouvelle réussite, les jambes qui tremblent encore, le sourire qui essaie de dépasser les joues. Il y avait des éclats lumineux dans mes yeux. Il y avait de beaux sapins blancs. Il y avait de la belle neige. Et le soleil allait certainement se pointer demain ! Et c'est en pensant à toutes ces histoires de neige que l'hiver me fait revivre.
2005-11-22
L'enfant était encore dans son pyjama, devant le foyer et le sapin de Noël. Il était tout excité de ce qui venait de se produire. "J'ai reçu un email du Père Noël !", s'exclamait-il tout énervé. Mais comment cela pouvait-il être possible ? Jamais il n'avait eu d'électricité dans sa maison. D'ailleurs, l'électricité n'existait même pas. Avec étonnement, il était cloué au sol par ces affirmations. Négligeant ces faits, il regarda à travers les carreaux de sa fenêtre pour y regarder la neige tomber. Mais comment cela pouvait-il être possible ? Jamais il n'avait eu de fenêtres. D'ailleurs, il n'avait même pas de maison. Avec étonnement, il était gelé dans la neige par ses affirmations. Ne croyant pas la vérité, il mit la main dans sa poche pour y sortir sa pièce chanceuse. Mais encore une fois, les faits le rattrapaient. Jamais il n'avait eu d'argent, ni même de pantalon. Il était mort dehors, tout simplement. Il s'était emmitoufflé de rêves qui l'avaient pétrifié de glace. Seule une main sortait de la neige, demandant quelques sous pour manger. Sombre était cette vision, sombre sous ce sapin de Noël.
2005-11-21
N'attend pas que les flames ne s'enflamment d'elles-mêmes. Brûle avec elles. Avant même que les choses ne se produisent, tu te rendras compte que les choses ont changées. Il y a de ces événements qui se répercutent sur tant de schémas... Il y a ce vide, qui est pourtant presque plein, presque... Pendant que certains rêvaient de vrai sang, de vrai lumière, de vrais idées, d'autres réalisaient la simplicité, la folie, l'utopie. Peut-être que tu en demandais trop avec deux petits mots. Tu finiras par te rendre compte que les choses changent, que les yeux changent, et qu'un seul petit fil détermine la direction de ce changement. Les yeux pleins d'étincelles, tu auras le goût de pousser l'horizon de la main, et d'inventer une autre merveille. Brûle.
2005-11-10
Review du show de Dillinger Escape Plan
Nous sommes le 8 novembre, à 18h40, lorsque nous partons pour un show qui promet énormément. Nous aurons droit au maintenant légendaire Dillinger Escape Plan qui fait un retour après quatre longues années de disparition. Les shows de cinglés qu'ils offrent ont fait leur renommé, leur marque. Puis, nous aurons Hella, avec un drummer qui ne peut jamais s'arrêter. Il n'y a plus rien d'humain dans leur son. Tout est technique, rapide et basé sur les limites musculaires. Nous aurons aussi Horse The Band et Between The Buried And Me. Allons donc voir ce qui s'est passé durant ce show.
Horse the band
Voici un des bands fondateurs du soi-disant nintendocore avec leur clavier aux sons aigus et certaines paroles de Megaman. La foule était froide à leur égard comme c'est toujours le cas lorsqu'il y a beaucoup de bands. Il y avait un mur qui semblait séparer la foule du groupe. Ils ont joués des chansons sans trop se prendre au sérieux. C'était conventionnel comme set. Leur show aurait été meilleur s'ils avaient eu plus de fans pour les supporter.
Between the Buried and Me
Leur chanteur n'était pas fameux, mais je n'aurais pas cru qu'ils avaient d'aussi bon guitaristes. De vrais petites araignées qui dansaient délicatement sur le manche des guitares... J'étais hypnotisé par les guitaristes et le bassiste. La musique était excessivement violente, mais les guitaristes étaient tellement calmes... Le premier était assis sur un tabouret avec les yeux fermés tandis que l'autre était debout et restait concentré à travers une posture fixe. À plusieurs reprises, tous deux jouaient les mêmes notes pour éviter une musique totalement incompréhensible. Il était bon de les voir synchro. En résumé, la musique n'était pas très bonne pour mes oreilles, mais mes yeux étaient comblés.
Hella
Nous pourrions dire qu'ils jouent de la musique avant-gardiste, mais nous ne pouvons certainement pas leur imposer un style. Depuis peu de temps, la formation avait atteint un nombre de quatre personnes. Nous avions les deux Jésus d'origine, soit le drummer aux cheveux bouclés et le guitariste aux cheveux raides, ainsi qu'un bassiste psychédélique et un guitariste/claviériste/chanteur_d'occasion. Si je n'avais jamais entendu leur musique, je les aurais jugés comme étant des fuckés des années 80. Cependant, puisque je connais leur musique, je les juge comme des fuckés des années 80, avec de la musique qui ne peut se positionner sur une ligne du temps. Fucké dans les années 80, toujours fucké dans les années 2000. Je croyais que nous aurions une quelconque introduction, mais non... Ils se sont tous placés sur le stage et sans que j'aie le temps de m'en apercevoir, le drummer était déjà parti en guerre. Il s'était levé de son siège pour s'y rasseoir puissamment en donnant un coup de symbale, un coup de snare et un coup de bass drum en même temps. Le son produit était très fort, mais il était déjà quelques années lumières plus loin, après plusieurs riffs cinglés. Nous n'avions même pas l'impression que leur set venait de commencer tellement le drummer était déchaîné. Il avait le visage crispé et les muscles tendus au point où je sentais la douleur vibrer dans ses membres. Beaucoup trop rapide, beaucoup trop rapide, beaucoup trop rapide. Le genre de drummer qu'on ne voit qu'une fois dans sa vie. C'est simplement inhumain de jouer comme cela pendant autant de temps. Il n'est pas question de mélodie, il est question de repousser les limites du possible. Si au moins il jouait légèrement sur son drum, il ne serait peut-être pas autant en phase terminale. J'ai vu des bouts de baguettes voler à trois reprises tellement il jouait violemment. Il a même échappé une baguette à deux mètres de lui. Je me demandais presque s'il allait défoncer ses snares à force de voir ses baguettes se briser en éclats. À un certain moment, on s'arrête et se dit : "Woah, c'est dont ben fucké", et puis on regarde Jésus le guitariste, recroquevillé sur le sol, en train de vibrer avec son instrument qui est à présent par terre. C'est à ce moment que l'on comprends ce qu'est la musique expérimentale. Nous ne sommes plus mardi. Nous ne sommes plus ici. Nous sommes la musique. On voit le guitariste déplugguer sa guitare et faire du son en faisant vibrer sa main autour de l'embout du cable. On voit le bassiste semer la discorde dans ses cordes. Puis, on retourne voir le drummer couvert de douleur, derrière des cheveux frisés et des baguettes qui tentent de disparaître dans la vitesse. Définitivement un band à voir une fois dans sa vie.
Dillinger Escape Plan
Après un tel set, la barre était haute pour Dillinger, mais je ne me doutais pas qu'ils savaient prendre le contrôle des éléments. Ils ont tout d'abord, à titre de mise en scène, projetés sur le mur un court film muet. On y voyait une femme d'époque se faire hypnotiser. Puis, lorsqu'elle s'est réveillée à la toute fin, Dillinger s'est immédiatement mis à jouer dans un élan de violence absolue. Les stroboscopes semblaient en avoir gros sur le coeur parce qu'ils ne s'arrêtaient plus de crier... Les guitaristes se lançaient partout et le frontman allait gueuler en face des premières rangées. J'étais tout juste en avant, au milieu d'une immense cacophonie de lumières intermitentes, de bras dans les airs suivant le chaos, de personnes qui branlaient éperduement la tête, de gens qui montaient sur les autres pour aller gueuler dans le micro. Oh mon dieu ! Avec les stroboscopes, c'était freak. On ouvre grand les yeux et on essaie de ne pas s'assommer sur une autre tête. On essaie de ne pas se faire écraser par quelqu'un. Et on prend son pied ! Oh boy ! Tout le monde gueulait les lyrics. Le chanteur offrait le micro à la foule leur permettant de se défoncer les amygdales. Il avait également apporté un high-hat qu'il garochait un peu partout. Les guitaristes montaient sur les colonnes de sons sans trop faire attention. Un guitariste m'est même tombé dessus après qu'il ait perdu l'équilibre sur le moniteur de bord de scène. Il était dans une facheuse position de bodysurfing, avec la tête vers le bas. Nous l'avons repoussé sur scène et il est repartit sauter un peu partout. Les mouvements de tête me donnent encore mal au cou, mais ça ne dérange personne. Il fallait connaître la musique et être dans le pit pour l'apprécier à son maximum. Comme il est bon de se défouler avec sourire...
Note : 10/10
2005-11-07
Few people understand the psychology of dealing with a Highway Traffic Cop. Your normal speeder will panic and immediately pull over to the side. This is wrong.
DUKE floors the gas pedal.
It arouses contempt in the cop heart.
THE SPEEDOMETER CLIMBS STEADILY.
Make the bastard chase you. He will follow. But he won't know what to make of your blinker signal that says you're about to turn right.
DUKE signals right. The RED SHARK screams at 120 mph.
This is to let him know you're looking for a proper place to pull off and talk.
AN EXIT OFF RAMP: MAX SPEED 25.
2005-11-06
Review du show de For The Mathematics
Samedi le 5 avait lieu le show de Deep End, For The Mathematics et Statue Park. Un show local qui se passait au bar le Saphir sur la rue St-Laurent à Montréal. C'est le genre de bar miteux avec des murs noirs et des lumières noires dans les toilettes pour cacher toute la crasse qui doit s'y cacher. Haaa les bars... Le sentiment d'appartenance s'accapare de mes pensées. Je m'attendais à quelque chose de vraiment local. Les deux derniers bands n'étaient même pas encore arrivés lorsque nous avons pu entrer. Nous les voyions entrer leur équipement et le mettre en face du stage. J'estime que nous étions environ 50 personnes, dont plusieurs semblaient être des amis des bands. Je me serais presque cru à un show de Arab On Radar ! Néanmoins, on avait droit au tout nouveau cd de Propagandhi avant que le show commence, histoire de se rappeler qu'il existe encore des groupes engagés dans ce monde.
Deep End, un groupe de Montréal qui en est encore au stade garage, s'est élancé pour démarrer la musique. C'était potable, sans plus. Il est difficile de mettre de bons ou mauvais mots sur un band de garage. Je prévois qu'ils vont tomber dans la catégorie des groupes génériques, avec de la musique non diversifiée. Un autre band qui n'aura su apprivoiser la profondeur de la musique.
For The Mathematics, un groupe d'Ottawa qui commence à sortir du stade garage. Leur line-up est quelque peu non conventionnel. Un indien, un petit chanteur, un petit noir avec un gros affro tombant, un drummer et un deuxième guitariste. En les voyant, on sait déjà qu'ils savent où ils s'en vont. Un petit band plein de potentiel, qui sait donner un show, qui sait jouer de la musique. Au total, ils avaient 15 pédales de guitare. Ils avaient leur keyboard pour quelques rares moments et des guitares de rechange au cas où. Tout le long du show, ils se garochaient partout, avec style, en s'accrochant au passage. Vraiment nice à voir et à écouter. C'est dommage que le son n'était pas de bonne qualité. Tout ce qu'ils doivent faire, c'est de travailler sur la qualité de leurs enregistrements, et le tour sera joué parce qu'ils ont déjà l'intensité. Un band à voir live.
Statue Park, un groupe de Montréal qui oeuvre dans l'électro pop. J'ai voulu leur donner une chance, mais ils n'ont pas passés les tests. Mon verdict : De la musique électronique en show, c'est vraiment plate. Le gars sur son keyboard qui appuie sur quelques boutons de temps à autre. Un bassiste qui doit avoir appris à jouer en 10 minutes tellement c'est élémentaire. Celui-ci passait plus de temps à appuyer sur 2 ou 3 boutons de son mini-keyboard pour faire de sons d'ambiance. Vraiment médiocre. Nous étions plusieurs à partir avant la fin de leur set.
Note : 6/10
Sur le chemin du retour dans le métro, nous avons eu droit aux déboires d'un gars chaud. Il tenait dans sa main un 40oz de Black Label. La moitié de la bouteille était composée de broue et l'autre d'un gros fond dégueulasse de malt cheap. Il voulait se rendre à Berri, mais il n'avait pas pris le bon métro pour s'y rendre. Haha, c'était quelque chose.
Note pour le gars chaud : 9/10
2005-10-30
Pendant que certains se préparaient à reconstituer la mort en cette prochaine soirée d'Halloween, je m'affairais à m'y prédisposer. J'étais parti, samedi après-midi, à la conquête de l'automne. J'étais parti m'imprégner de tunnels de feuilles jaunes, dans quelques pistes obscures du Mont-Royal. De belles pistes de descente à travers un tapis de feuilles. On n'y voyait pas le ciel, on n'y voyait pas la terre, on n'y voyait rien d'autre qu'un jaune vif. Toujours est-il que chaque chose à une fin. J'étais sur le chemin du retour, sur le trottoir qui longe la rue du Parc Jeanne-Mance, tout juste à côté du Mont-Royal. Je savais qu'à l'intersection de l'avenue Duluth, il y avait, depuis peu de temps, un gros monticule d'asphalte que je pouvais tenter de jumper pour retomber de l'autre côté. Donc, la pédale dans le tapis, en 27e vitesse, j'approchais à probablement 35km/h de ce jump. Puisque ce n'est pas vraiment un jump, il faut faire un ollie en caissant la bosse au même moment. Usant de cette technique, je suis parti dans les airs. Et c'est alors que j'ai eu un moment de lucidité... "Osti, je vais ben trop vite", me dis-je mentalement en voyant la descente qui allait me passer sous les pieds. "Osti, je penche un peu sur ma droite", me dis-je en regardant maintenant la rue en face de moi. Dès que mes roues ont touchées le sol dans la rue, je me suis mis à tomber sur ma droite dû à ma mauvaise inclinaison. Je ne sais plus trop si j'ai tenté de mettre le pied par terre, mais je sais que je me suis littéralement écrasé sur l'asphalte. J'ai alors perdu toute vision. J'ai senti ma jambe se prendre dans le bike à cause du volant. J'ai entendu un cri strident qui m'indiquait que mon bike ne semblait pas s'amuser sur l'asphalte. Je ne sais plus trop dans quel axe j'étais, mais j'ai également entendu mon casque frotter assez longuement sur le sol. À cet instant, j'ai été surpris d'entendre un tel son. "Wow, mon casque qui frotte sur l'asphalte". Ce n'est pas le genre de chose qu'on entend à tous les jours. Puis, ne sachant vraiment pas comment j'ai pu faire cela. Je me suis rammassé debout, avec le pied pris entre le guidon et le frame. J'ai dû sauter à quelques reprises, avec un pied pris, pour reprendre mon équilibre. Je me questionne encore sur cette chute. J'étais tombé sur ma droite avec le bike à ma gauche, et je me suis retrouvé debout, à gauche avec le bike à droite, et la roue avant était encore en avant... Comment me suis-je relevé ? Comment aie-je pu aller à gauche ? Bizarre... J'étais à présent debout, de l'autre côté de la rue, sans membres cassés. J'avais frotté sur le sol pendant presque cinq mètres. J'ai marché quelques pas, avant de m'appuyer sur mes genoux pour reprendre un peu mes esprits. J'ai ensuite regardé autour de moi, pour y voir cinq ou six personnes abasourdies qui m'observaient, et s'observaient, sans trop savoir quoi faire. "Comment ça il est encore debout ?", devaient-ils se dire. Haha. Je leur ai fait un signe de main pour leur montrer que j'étais correct. J'aurais dû applaudir... Il faut dire que je m'étais planté à la même intersection il y a quelques semaines. Puis, pour pouvoir repartir, j'ai dû replacer la chaîne qui était maintenant entortillée dans le pédalier. J'ai vu mon gant droit déchiqueté, avec du sang qui s'affichait à travers les trous béants. Bon... Rock on ! J'ai vu un trou sur ma manche droite, ainsi que quelques trous sur mon pantalon. Un peu plus loin, à une lumière, j'ai pensé au son qu'avait fait mon casque. J'ai alors décidé de regarder de quoi il avait l'air. Hahahahaha, il est complètement démoli. De multiples fissures figurent à l'arrière du casque. Il est même craqué au milieu. Ouch. J'aurais parié toutes mes économies que je serais mort aujourd'hui, si ce n'était de ce casque. Que mon âme s'envole avec ces feuilles... Pris d'une certaine rationalité, je me suis décidé à revenir en métro. Mon déguisement était exquis. Lorsque j'ai enlevé mon gant déchiqueté, j'ai vu mes jointures couvertes d'un sang épais et foncé. J'étais dans le métro avec mon bike, à attendre ma sortie. Les passagers observaient mes jointures ensanglantées puis mon polar troué, et finalement mon casque démoli. "Est-ce qu'il s'est fait écraser par un char ?", devaient-ils se dire. Hehe, ça valait bien mon sourire.
Je m'en sors avec quelques égratignures mineures. Mon bike, quant à lui, s'en sort avec de très maigres égratignures sur le bout des poignées de frein. Une chance qu'il est solide. Une chance que j'avais des pantalons et des manches longues. Une chance que j'avais des gants et un casque. La leçon de cette histoire n'est pas de porter un casque, mais bien de ne pas se planter en bike.
Tout de blanc, tout de noir, souriez, les feuilles jaunes sont belles.
2005-10-23
Attendez une seconde, mon repas ne goûte plus rien. J'ai beau y mettre du sel mais rien ne change. Garçon ! Remplacez-moi cette assiette pour un met épicé. Offrez-moi les épices dont vous disposez, je prendrai la plus forte. Attendant impatiemment mon nouveau plat, je me questionnais sur la saveur qui aurait dû émerger de mes précédentes bouchées. Quelles émotions pouvaient s'y rattacher ? Il était difficile de définir l'état devant s'imposer. Perplexe, j'avais encore des souvenirs de ce dont mon dernier repas aurait dû goûter. Les souvenirs me rappelaient la tendresse de la viande s'enlaçant entre mes dents. Je captais encore la senteur de la sauce humectée de beurre liquéfié. Le mélange se mariait si adroitement à ma bouche que je n'arrivais pas à m'en lasser. J'en voulais encore. C'est pour cette raison que je ne pouvais m'empêcher d'en redemander. Cependant, pourquoi il n'y avait plus de goût ? Aie-je utilisé correctement mes ustensiles ? Pourtant, la nourriture n'avait changée d'apparence. Je pouvais y faire confiance. Je pouvais m'appuyer sur son silence lointain. J'étais habité d'une certitude que ce plat ne pouvait pas m'oublier. Me donnant une nouvelle chance, j'ai pris une autre bouchée de ce plat qui allait bientôt se faire remplacer pour quelque chose d'inconnu. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Et s'il n'y avait plus de goût ? Devrais-je chercher une recette rare ? Où chercher ? À travers ce questionnement, je mastiquais délicatement une maigre bouchée. Je ne sais pas pourquoi, mais cette bouchée était savoureuse, tellement savoureuse que j'en perdais mes moyens. Elle était pleine de goût, pleine de souvenirs. Les souvenirs me reviennent à l'esprit. Tant d'émotions pour la cuisine ! Sourire aux lèvres, je m'exclama : Garçon ! Oubliez ma requête, ce fût mon erreur, ce repas est le meilleur que je n'ai jamais goûté !



